Critique : La Chair de Clémentine de Vincent BraultLa Chair de Clémentine by Vincent Brault
Published by Héliotrope on October, 2017
Genres: Horror
Pages: 218
Format: Paperback
Source: Ottawa Library
Rating: four-stars

Gustave est un jeune homme qui ne craint pas la mort. Au contraire. Il aime ces moments où toutes sortes de gens et d’animaux viennent mourir entre ses bras. Ce n’est pas normal. Gustave adore aussi le froid. Tant mieux. Car le mercure descend chaque jour davantage. Clémentine serait d’ailleurs morte en plein hiver. Mais qui est-elle ? Et que s’est-il passé ? Un policier dépressif cherche à comprendre.

La chair de Clémentine, deuxième roman de Vincent Brault, joue avec le gore, le fantastique et le dispositif de l’enquête.

Il y a peu, j’ai fait la connaissance des éditions Héliotrope et c’est devenu pour moi une véritable source de rafraîchissement. Leurs publications regorgent de petits ouvrages originaux, parfois carrément expérimentaux, et s’aventurent dans tous les genres, de la littérature à l’horreur en passant par le polar et le fantastique. Attendez-vous à m’entendre en parler régulièrement cette année !

La Chair de Clémentine est de ces romans qu’on lit d’une traite. Court et percutant, son atmosphère étrange et son intrigue franchement hors du commun ne lâche pas le lecteur.
L’histoire repose sur le personnage de Gustave, un individu atypique qui dès l’enfance connaît la fâcheuse tendance à détecter une mort imminente et d’en étreindre la victime de telle manière que seul les experts de l’hôpital parviennent à démêler les corps. Ni les médecins ni les enquêteurs ne sont jamais parvenue à établir un lien entre les causes des décès et la présence de Gustave, mais un policier en pleine dépression décide de se plonger dans le dossier. Au même moment, et sans apparente raison, la température corporelle de Gustave commence à chuter…

Un des attraits du roman est l’ambiguïté de Gustave. C’est un personnage terriblement sympathique malgré son lien évident avec la Mort. Il est à la fois inquiétant et touchant, un peu torturé par son incapacité à se comprendre lui-même. On s’attache à lui et à son besoin de comprendre sa nature et la source de son étrange « pouvoir ».
Le policier déprimé est tout aussi intriguant, accablé par sa dépression et inexplicablement obsédé par le dossier de Gustave. Il semblerait qu’il enquête tout autant pour établir la vérité que pour combler un besoin irrépressible, comme piégé dans une sorte d’engrenage.

A noter que ce roman ne lésine pas sur le gore et les scènes choquantes, que ce soit les morts d’enfants, les amoncellements de cadavres d’animaux, les défigurations par le froid, les suicides violents ou les effusions d’hémoglobine. De même pour les scènes érotiques franchement perturbantes, que ce soit par association avec la mort ou via des situations bizarres et dérangeantes ! Âme sensible s’abstenir !

Néanmoins, La Chair de Clémentine est un petit roman fascinant, écrit dans un style compact qui file de l’avant et ne relâche pas son emprise sur le lecteur ! Une lecture très plaisante, surprenante et très originale, vivement recommandée !

four-stars