A la fin de cette semaine se tiendra le Congrès Boréal 2015 à Montréal: du 8 au 10 Mai, on y célèbrera les littératures de l’imaginaire — science-fiction, fantasy, fantastique — et en particulier le 10 mai sera remis le Prix Aurora / Boréal 2015 qui récompensera les meilleurs ouvrages canadiens francophones dans ce domaine.

Des multiples catégories dont je vous invite à découvrir les nominés ici, c’est celle du meilleur roman qui m’intéresse le plus. J’ai entrepris d’en lire le plus possible, même si j’ai renoncé à lire l’un des nominés qui constitue le quatrième tome d’une série.

Voici les nominés du Prix Aurora / Boréal 2015 dans la catégorie “meilleur roman”.

Anita (Cobayes #1) de Marilou Addison

Anita (Cobayes #1) de Marilou AddisonPour la séries Cobayes des éditions Mortagne, sept auteurs ont chacun de leur côté produits un roman avec pour thème de départ:

Ils ne se connaissaient pas… Ils ont tous répondu à la même annonce…
Une compagnie pharmaceutique.
Des cobayes.
Des effets secondaires insoupçonnés.

Les différents ouvrages de cette série d’épouvante, dont vous pouvez regarder la bande-annonce sur YouTube, peuvent se lire dans n’importe quel ordre et indépendamment les uns des autres. Anita de Marilou Addison est le premier qui ait été publié.

Poids à perdre : huit foutues livres.

Méthodes utilisées pour y parvenir : faire de l’exercice de façon saine ? Manger santé ? Non…

Suer à grosses gouttes avec un sac poubelle sur le dos, ne rien avaler de la journée et, surtout, vomir. Ç’a toujours été la solution la plus efficace. Mais mon chum Manu commençait à en avoir assez de mon petit manège. Et moi aussi, d’ailleurs.

Il y a quelques semaines, j’ai trouvé un moyen de ne plus m’enfoncer deux doigts dans la gorge dès que je bouffe la moindre calorie. Une étude clinique qui annonçait plusieurs effets secondaires possibles. Dont un, parfait pour moi : perte de poids. J’ai sauté sur le téléphone et, depuis ce temps, je reçois des injections qui doivent soi-disant me guérir de mon anxiété.

Je suis moins stressée, c’est vrai. Toutefois, mon esprit commence à s’embrouiller. J’ai parfois des trous de mémoire. Faut que j’en parle au doc. Et mon appétit change. Je mangerais bien un steak saignant, là, maintenant!

Mais je me moque un peu de tout ça, au fond, puisque je maigris à vue d’œil…

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Escalana (Les Villages Assoupis #3) d’Ariane Gélinas

Escalana d'Ariane GélinasAvant même d’avoir lu les autres nominés, Escalana est mon coup de coeur. J’ai lu et adoré toute la série fantastique / d’épouvante (légère) des Villages Assoupis d’Ariane Gélinas, dont chaque volet peut se lire indépendamment. Le premier tome, Transtaïga, est d’ailleurs lauréat du Prix Aurora/Boréal 2013. Le second, L’île aux naufrages, est peut-être mon favori dans la série : c’est un genre de conte de fée totalement morbide et corrompu. Voici le synopsis d’Escalana, le troisième tome qui a été nominé cette année :

Dans son manoir de l’île d’Anticosti, le comte Florian Moret se languit de rencontrer une femme de la trempe de son épouse décédée. Son souhait semble sur le point de se réaliser lorsqu’il rencontre une jeune femme au visage pâle. Esthète à la Huysmans, version forêt boréale, le comte rêve dès lors de la convier à une somptueuse soirée, de lui faire visiter son immense salle aux trophées. Mais que se passe-t-il dans cette fameuse baie qui a la forme d’un crochet à boucher ? La forêt qui la borde semble être habitée d’enfants sanguinaires. Qui survivra à l’étrange maladie qui se répand sur cette île où les bateaux ont tant de fois fait naufrage ? Un détour par le village fantôme de l’Anse-aux-Fraises, où poussent des plantes médicinales, semble inévitable. Mais est-ce que ces remèdes seront suffisants pour empêcher Florian Moret de succomber au mal ?

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Jardin de chair de Frédéric Raymond

Jardin de chair de Frédéric RaymondL’épouvante est à l’honneur cette année car Jardin de chair est lui-aussi un roman d’horreur. Je suis très heureuse que ce roman ait été nominé dans le sens où premièrement, les éditions Six Brumes valent la peine d’être découvertes (vous aurez bientôt l’occasion de lire une critique de l’excellent Dix ans d’éternité et probablement de 6, Chalet des Brumes que je n’ai pas encore terminé). Deuxièmement, j’avais déjà remarqué Jardin de chair, un roman d’épouvante pur et dur sur le cannibalisme, et envisageait de le lire sans jamais m’y mettre vraiment. J’ai maintenant une bonne excuse !

Prédatrice. Le mot s’imposait à l’esprit de Christabel, qui tentait en vain de le chasser. Sa mère le lui avait répété des centaines de fois : elle était née prédatrice et elle devait agir comme telle. Pourtant, Christabel ne se sentait pas prédatrice. Au contraire, elle avait plutôt l’impression de s’en aller à l’abattoir. On a tous un jardin secret… et ça fait parfois du bien de le saccager. Le jardin de Christabel respire la mort. Chaque joie y est engraissée par des cadavres. La vie s’y enracine dans la solitude. Comment fuir le spectre des remords? Jardin de chair est un roman d’horreur psychologique de Frédéric Raymond dans lequel on suit les tourments de Christabel, une jeune femme de Québec, qui cherche à échapper à son patrimoine génétique. Pleine de bonnes intentions, cannibale malgré elle, réussira-t-elle à vaincre sa nature profonde?

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Grande liquidation (Malphas #4) de Patrick Senécal

Grande Liquidation (Malphas #4)  de Patrick SenécalLa réputation de Patrick Senécal n’est plus à faire : c’est le premier auteur québécois d’horreur que j’ai lu en arrivant au Canada. Même si la lecture d’Oniria ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, l’adaptation cinématographique de 5150, rue des Ormes m’a beaucoup plu. Malheureusement, j’ai renoncé à lire Grande Liquidation : c’est le quatrième volet d’une série plutôt volumineuse et ce n’est pas réaliste pour moi d’envisager de rattraper tout ce retard… ni de lire le nom d’un ancien président français qui me tape sur les nerfs pendant des centaines de pages.

Parole de Sarkozy, je m’étais juré de ne pas remettre les pieds à Saint-Trailouin. Après tout, la vie de mon fils en dépendait, et c’est pour être près de lui que j’ai ouvert il y a quelques mois une boutique de livres d’occasion à Drummondville. Or, quand Émile m’a annoncé qu’il partait pour la France avec mon ex, j’ai un peu pété les plombs… avant de réaliser que je pourrais peut-être tirer avantage de cette situation. Me voilà donc de retour à Malphas. Avec l’aide de Simon Gracq – ça n’a pas été simple de le convaincre de me faire à nouveau confiance –, je compte enfin mener à terme mon enquête sur ce qui se passe dans la cave du cégep. Et régler une fois pour toutes mon différend avec les Archlax père et fils. Et découvrir la véritable identité de Rachel Red et les motivations secrètes qui l’animent… et rêvons un peu, l’animer à mon tour. Hélas, malgré le subterfuge qui me permettait d’évoluer en sécurité à Malphas, je dois admettre que le plan que j’avais imaginé pour arriver à mes fins a rapidement foiré. Et me voilà de nouveau dans le « gros trouble ». Mais cette fois, je ne suis pas le seul dans le pétrin, car la grève étudiante est imminente à Malphas. Et un raz-de-marée de carrés rouges à Saint-Trailouin, ça risque d’être plus intense qu’ailleurs…

 

Les îles du ciel (Cycle de Neubourg et Granverger #6) de Daniel Sernine

Les îles du ciel de Daniel Sernine  (Cycle de Neubourg et Granverger #6)Les îles du ciel fait également partie d’une série dont les tomes peuvent se lire indépendamment. C’est un ouvrage relativement court, adapté à un public jeune et en même temps très agréable à lire en tant qu’adulte. Pas d’horreur dans cet ouvrage, plutôt un mélange de fantastique et de science-fiction, dans un style agréable qui rappelle beaucoup certains romans de Jules Verne comme De la Terre à la Lune et Autour de la Lune.

« Il fallut les exclamations de quelques camarades pour qu’Étienne se retourne puis qu’il lève la tête : il grêlait des pierres! Le jeune homme repensa tout de suite à l’étrange été de 1784 et à la pluie rouge marquée à jamais dans sa mémoire.

Aujourd’hui, bleues comme le ciel sans nuages, c’étaient des pierres qui tombaient sur la route et dans le pré. Lorsqu’elles heurtaient le sol durci du chemin, elles éclataient sous le choc. (…) D’où étaient tombés ces cailloux? Étienne remarqua un objet juste avant de se relever; était-ce cela qui l’avait frappé à la tête? Une noix! »

Une noix contenant, non pas une graine d’arbre, mais une broche en forme de cœur donnée trois ans plus tôt par Éléonore Bertin.

Comment s’obstiner à croire au hasard, dans ces circonstances?

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Hôtel Olympia d’Élisabeth Vonarburg [*Vainqueur !*]

Hôtel Olympia d'Elisabeth VonarburgHôtel Olympia est un roman fantastique de presque 600 pages dont le synopsis ne manque pas d’éveiller la curiosité ! Une héroïne dont les souvenirs d’enfance se sont dilués comme des rêves, si bien qu’elle ne distingue plus très bien l’imaginaire du réel; un retour forcé à l’hôtel Olympia, nommé comme sa mère; une redécouverte des lieux… et de la magie, peut-être, qui l’enveloppe. Hôtel Olympia est ma prochaine lecture, aussitôt que j’ai fini Les îles du ciel.

De ses années d’enfance vécues à l’hôtel Olympia, Danika n’a aucun souvenir sinon ceux de ses rêves, dont elle ne sait départager la réalité de la fantasmagorie. Ces tantes, ce grand-père, tous les personnages qui peuplaient l’hôtel ont-ils réellement existé ? Quant aux années de pensionnat qui ont suivi, Danika en garde un goût amer en raison des trop rares visites de son père, Stavros, et de l’absence totale de sa mère, Olympia.
Quarante ans plus tard, à Montréal, Stavros resurgit dans la vie de Danika pour lui apprendre qu’Olympia a disparu et qu’elle doit reprendre la direction de l’hôtel. Ulcérée par cette situation absurde – elle n’a rien à faire de cette histoire –, Danika retourne à l’hôtel Olympia avec la ferme intention de renoncer à cette charge. Or, dès son arrivée, Danika réalise que de puissantes forces sont à l’œuvre.
Tout en renouant avec les membres de sa famille – non seulement ils existent, mais ils n’ont pas vieilli d’un iota ! –, Danika découvre que ses rêves les plus surréalistes sont tout aussi réels : le jardin extérieur se transforme parfois en « autre chose », et elle peut littéralement « entrer » dans les tableaux qui ornent les couloirs de l’hôtel… cet Hôtel qui rêve, lui aussi !

Lire la critique d’Hôtel Olympia

Cet article sera mis à jour avec les liens appropriés au fur et à mesure de mes lectures. Même si j’ai un coup de coeur pour Escalana, j’attends d’avoir lu les autres ouvrages pour me déclarer un favori. Avez-vous déjà fait votre choix ?